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Décryptage & Actualités : Les 3 principaux enjeux pour les entreprises et l'ERP

Point de vue de Ray Wang

Il y a moins de 5 ans, le surpuissant DSI contrôlait la destinée de son organisation en pilotant des projets ERP de plusieurs millions de dollars tout en régnant avec une certaine fermeté. Les dirigeants des entreprises devaient se soustraire aux exigences des informaticiens. Ces temps sont révolus. Confrontés au poids des projets de migration des systèmes traditionnels et à la raréfaction des budgets et des ressources, les entreprises ont mobilisé les équipes informatiques vers la prise en charge d'une avalanche de demandes des responsables métiers.

Lorsque la messagerie d'entreprise est limitée en taille et que les mails s'accumulent, les individus choisissent de passer à gmail. Les systèmes ERP font face au même dilemme. Du fait que les informaticiens sont trop occupés pour s'atteler à de nouvelles applications, les différentes BU de l'entreprise optent pour des solutions SaaS.

Ainsi, les DSI se trouvent dépossédés d'une partie du contrôle qu'ils exerçaient sur les choix technologiques de l'entreprise parce que l'approche technique des consommateurs est fort différente des critères de sélection des informaticiens.

Parallèlement, les meilleures pratiques employées dans les années 80 dans les systèmes ERP ne sont plus opérationnelles dans les années 90. En fait, ces systèmes ERP ont été conçus pour supporter des modèles désuets, bâtis sur des schémas fonctionnels cadenassés qui empêchent toute possibilité d'optimisation de processus métiers transverses, tels que l'encaissement direct à la commande, la résolution d'incidents, la gestion de carrières.

En dépit des assurances des éditeurs, ces systèmes sont si rigides, que les changements ou la personnalisation engendrent des scénarios coûteux qui nécessitent des allocations significatives de ressources tout en empêchant les futures mises à jour. C'est comme si ces systèmes avaient été «recouverts de béton». Les systèmes doivent s'adapter à la façon dont les individus travaillent. La forme doit suivre la fonction.

Finalement, les organisations tentent de suivre le rythme des évolutions technologiques qui dépassent généralement leur capacité à absorber les changements qui en résultent. Prenons le cas des applications d'entreprise. Elles sont essentiellement fondées sur la théorie de la réduction des coûts.

Beaucoup d'organisations ont passé leur temps, lors de la dernière décennie, à mettre en oeuvre des systèmes capables de gérer de bout en bout tous les processus métiers en essayant d'obliger les utilisateurs à adopter ces technologies. Malheureusement, sitôt que les utilisateurs arrivent à se familiariser à l'application, apparaît une mise à jour qui modifie les règles d'usage et invalide la procédure en cours.

Il est donc souvent plus pertinent de mettre à plat l'application et de repartir de zéro.

Le futur se dessine au-delà de l'ERP

Comment à l'avenir sortirons-nous de cette ornière ? Commençons par donner aux BU (unités d'affaires) la liberté d'innover.

Les DSI ont besoin de définir une politique de gouvernance destinée à encadrer les développements en fournissant des directives qui garantissent la sécurité et permettent l'évolutivité tout en encourageant une adoption plus rapide de technologies.

Ces BU peuvent jouer un rôle majeur en déterminant comment les technologies peuvent être déployées à travers l'organisation. Les entreprises doivent adopter une approche système et une orientation processus métiers, gérées de bout en bout, dans l'application, la conception, et la mesure du succès de l'organisation.

Allez au-delà des meilleures pratiques connues pour être en contact direct avec le client. Comprendre les implications provoquées par le changement à travers des fonctions et des processus.

Malgré le climat économique actuel, et même pendant les périodes plus fastes, les organisations ne doivent abandonner l'idée d'investir dans l'innovation.

Or, c'est maintenant le moment d'effectuer des investissements qui seront payants lors de la reprise. Mais l'investissement dans l'innovation ne doit pas surgir de façon ponctuelle et exceptionnelle. C'est une approche organisée qui s'inscrit dans la durée afin de pouvoir connaitre le succès