09 Février 2012
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Examinons, à partir de plusieurs contributions, comment il est possible de valoriser son système d'information et in fine, de définir des moyens pour contribuer à créer de la valeur à l'entreprise à travers le SI.
LA CONTRIBUTION D'ALAIN FUSTEC
La valeur d'une entreprise est rarement égale à sa valeur comptable puisque la comptabilité ne prend en compte que peu de facteurs de production de la richesse future. En effet, si nombre de facteurs de production sont jugés trop volatils, ils sont ignorés : seules les immobilisations, quelques actifs incorporels et les actifs circulants ont voie au chapitre.
Le capital immatériel regroupe donc tous les facteurs de production des cash flow futurs dont le bilan ne parle pas. Les analystes financiers et les investisseurs ne mesurent pas le capital immatériel avec précision. Pourtant, il pèse très lourd dans leurs décisions d'investissements. Ainsi, à la bourse, depuis 15 ans (en dehors de périodes d'euphorie ou de krach), le rapport entre la valeur totale des entreprises et leur valeur comptable est en moyenne de 3. Cela signifie que, dans l'économie d'aujourd'hui, 2/3 de la valeur des entreprises ne se lit plus dans le bilan. Ceci est vrai pour tous les secteurs économiques, industriels comme tertiaires.
Or, même dans l'industrie, 100% de l'avantage concurrentiel est immatériel. Quels sont les principaux actifs immatériels :
Ces actifs peuvent être répartis en deux catégories qui toutes deux doivent être de bonne qualité pour que le processus de création de valeur se perpétue : les actifs d'offre et les actifs de demande.
Mesurer la valeur de l'actif informatique
Le système d'information n'apparaît que pour une petite partie au bilan sous forme d'amortissements de machi­nes et d'achats de progiciels dans la plupart des cas.
Pourtant, dans certains métiers, c'est la pièce maî­tresse du processus de création de valeur (Amazon par exemple). Par ailleurs, dans tous les métiers, il occupe une place importante. Il n'est donc pas pertinent de considérer le système d'information comme un centre de coût puisqu'il porte une part de la rentabilité de l'entreprise. Mise au point par Alan Fustec de Goodwill Management, la méthodologie employée pour mesurer la vraie valeur du SI se compose de deux parties :
Une evaluation de sa qualité et un calcul uu sa valeur économique
Pour la qualité des applications, deux grands critères sont étudiés :
· La performance présente (quels services le SI rend-il à l'entreprise et à quel coût ?).
· La pérennité (dans combien de temps sera-t-il obsolète ?).
Mesurer la valeur patrimoniale du SI
- On cherche en premier lieu sa « valeur brute de possession ». Ce calcul se fait par une estimation de la valeur de remplacement que l'on corrige en fonction du niveau de qualité du SI (si la performance et la longévité sont cotés A, l'application vaut sa valeur à neuf).
- Cette valeur brute est ensuite corrigée en cas de surinvestissements réalisés pour le SI de l'entreprise. Pour cela, il est nécessaire d'étalonner par secteur le poids du SI dans le processus de génération de cash flows afin d'en déduire la valeur optimale de chaque actif d'offre . valeur du SI, des hommes, de organisation etc. Si la valeur brute du SI est en dessous de ce niveau, c'est qu'il y a sous investissement. Dans le cas contraire, il y a surinvestissement ce qui entraîne une correction de valeur.
- Cette valeur est enfin corrigée en fonction de la pertinence des investissements. Pour cela, le SI est décomposé en 3 blocs : les applications de fonctionnement (qui lui permettent de fonctionner), les actifs défensifs (qui la mettent au même niveau que ses confrères) et les actifs de conquête (qui lui donnent un avantage concurrentiel). Une entreprise qui, par exemple, consacre trop d'investissements à la conquête et pas assez au fonctionnement se met en danger. Mais une entreprise qui ne consacre rien à l'informatique de conquête aussi I Dans ce genre de situation, la pertinence des investissements n'est pas optimale et la valeur du SI est réduite.
mesurer la valeur de rendement du SI
Dans ce cas, le calcul vise à définir la part que tient l'informatique dans la génération de cash flows. On la définit en calculant le montant des différents investisse­ments requis pour générer un point d'EBIT. La part de rentabilité qui « revient à l'informatique » correspond au poids de l'informatique parmi ces investissements.
Pourquoi cette approche ?
Le directeur informatique est confronté à une double problématique.
La première est de trouver un meilleur positionnement dans l'entreprise et de mieux faire comprendre l'impor­tance du système d'information au DG. La logique des budgets ne permet pas cette évolution. On ne peut criti­quer un budget simplement parce qu'il est supérieur à la moyenne de la profession. Tout dépend de ce que l'on en fait. On ne peut pas non plus le juger positivement parce qu'il est plus faible. Cette approche permet de parler au directeur général avec ses propres arguments et d'obtenir de meilleures décisions d'investissement.