Carte Blanche à Jean Leroux, Président de l'USF
CONVENTION 2008 DE L'USF : LES LIAISONS ET CONFUSIONS DANGEREUSES ENTRE INFORMATIONS, CONNAISSANCES ET PRISES DE DECISION
Cette année à Tours, nous avons choisi comme thème central : Technologies de l'information ou de la connaissance ? À travers cette interrogation, nous souhaitons mettre l'accent sur la difficulté dans nos métiers à gérer et à digérer la masse d'information qui nous inonde afin de pouvoir donner à nos entreprises les moyens de prendre de bonnes décisions. Or, nous avons tendance à croire que les NTIC peuvent à elles seules nous sortir de cette difficulté. Certes, les solutions comme la Business Intelligence ou plus précisément, l'informatique décisionnelle, sont censées nous rendre des services précieux pour comprendre et évaluer des situations ou, tout au moins, nous donner de la matière pour y parvenir. Pourtant combien de fois avons-nous été confrontés à des erreurs d'interprétations, à des décisions incohérentes ou encore à des absences de décision par rapport à des résultats d'analyse ? Pourquoi les entreprises prennent-elles souvent des décisions irrationnelles malgré toute la sophistication des rapports rationnels produits par l'informatique ? C'est donc bien une volonté de notre part de nous amener à réfléchir sur le sens et l'évolution de notre métier. On le voit, à bien des égards, suite aux déboires d'Airbus et de la Société Générale, par exemple, que les outils informatiques, aussi puissants et sophistiqués soient-ils, ne donnent pas toujours de la visibilité aux dirigeants des entreprises. De plus, ces outils sont souvent difficiles à interpréter. Nous sommes donc de plus en plus confrontés, nous informaticiens, à la difficulté de construire des applications complexes qui réclament un savoir propre aux différents métiers de l'entreprise. C'est notamment le cas dans le domaine du décisionnel qui, par nature, doit être porté par la direction générale. Le développement de ces outils passe donc par un dialogue de plus en plus étroit avec des directions fonctionnelles (Directions financière, marketing, commerciale, logistique...). Nous nous apercevons alors que les NTIC ne peuvent prouver leur efficacité dans une entreprise, que par du savoir et de la connaissance partagés et que le regard que nous portons aux technologies est tout à fait relatif. Nous le constatons quotidiennement lors de nos commissions de travail à l'USF. Pour toutes ces raisons, nous avons pensé qu'il était bon de prendre un peu de recul par rapport aux vertus des NTIC et c'est notamment pour cette raison, que nous avons invité quelques personnalités, hors du champ strict de l'informatique, pour nous apporter leur éclairage sur l'économie avec Daniel Cohen, la gouvernance d'entreprise avec Henry Martre et la philosophie des sciences avec Bruno Jarosson.
Pour donner du corps à ce thème nous avons tout naturellement souhaité accorder une grande place à l'informatique décisionnelle pour trois raisons majeures : la première est liée à l'actualité avec le rapprochement entre Business Objects et SAP ; la seconde concerne la capacité d'inclure dans la masse d'informations exploitée par les futurs outils décisionnels, les données non structurées, c'est-à-dire les informations qui circulent dans les mails, les textes issus de documents Word ou pdf (par exemple) et même celle glanées sur le Web ; et la troisième se rapporte à la prise en compte des nouveaux outils de la GRC (Gouvernance, Risque et Conformité) pour assurer une meilleure gestion des risques environnementaux.