Témoignage : Norbert Spitéri, Interpresse
Parler de retour sur investissement dans le cadre de l'USF peut surprendre pour une association comme l'USF, dont la nature n'est, par définition, pas lucrative. Mais le sujet est ici de comprendre si les membres participants à l'USF peuvent attendre un retour chiffrable de leur investissement dans l'association. En fait, en dehors des frais d'adhésion, sommes toutes modiques, l'investissement principal des adhérents est à comprendre en termes de temps consacré aux échanges au sein de l'USF. Et cet investissement n'est pas à négliger et doit être apprécié à sa juste valeur afin de pouvoir mesurer le service rendu à l'ensemble des adhérents.
Si l'on observe le volume des échanges informels, à travers les discussions, présentations et échan-ges, uniquement lors des réunions de commissions et de groupes de travail, le bilan est considérable et quantifiable. Pour 2009 par exemple, on compte près de 1 500 jours / hommes.
Comment calculer la création de valeur apportée par l'USF ?
Si nous nous référons à l'étude menée par Alan Fustec et Bernard Maroism, la formule qui pourrait être appliquée à l'USF, pour apprécier la rentabilité du temps passé au sein du club, se résumerait à travers l'équation suivante : Rentabilité = pertinence + efficience. Cette formule montre que la valeur d'un projet dépend de deux grandeurs. La pertinence pour l'entreprise, c'est à dire quand ce projet participe à une opération génératrice de revenus ou d'économies et l'efficience lorsqu'il est mené à bien par une équipe efficace, qui travaille vite et bien. Quand un adhérent bénéficie de l'expérience de ses pairs au sein de l'USF pour tel ou tel projet, il récolte les bonnes pratiques ou méthodologies, les pièges à éviter, l'évaluation du temps moyen pour mener un projet, etc. La pertinence et l'efficience de cette masse d'information sont donc indéniables.
Prenons un exemple vécu : très récemment, un adhérent a pu découvrir au cours d'une réunion plénière d'une commission, la solution à son problème sur lequel butait depuis des mois son intégrateur et qui avait été trouvée (de surcroît par le même intégrateur !) un an auparavant au sein d'un autre projet similaire.
Illustration d'une autre force de l'USF qui prouve une maxime bien connue : on est toujours plus « fort » collectivement, qu'individuellement. Un adhérent a pu sauver son projet d'un échec assuré en réussissant, grâce à son appartenance à l'USF, à se « faire mieux entendre ». Même les très grands clients ont pu profiter de la force collective de l'USF, à travers par exemple des programmes de localisation de modules SAP, initiés par l'USF, qui ont permis de prendre en compte certaines demandes jusque là restées sans réponse de la part de l'éditeur.
Pour que les échanges fonctionnent, il faut des « donateurs » et des « donataires ». Le principe d'un réseau d'échange comme l'USF repose sur la notion de thermodynamique de réseau. La notion est simple. Un individu, une entreprise, une administration, est à instant T, donataire, et reçoit de l'information et des bonnes pratiques de ses pairs (ou de l'écosytème). Mais à un instant T+1, il se retrouve, sur un autre sujet, donateur, et donne à son tour à ses pairs, informations, expertises, conseils ou bonnes pratiques. Tout l'équilibre du réseau repose sur ce changement permanent, voire simultané selon les sujets, de statuts de ses membres, tour à tour donateurs et donataires.
Pour celles et ceux qui ont bien compris cela, participer activement à l'USF devient alors très profitable. Le gain de temps et le gain financier que peuvent apporter le partage d'expériences ciblées, l'influence positive sur l'éditeur ou bien l'obtention d'informations privilégiées de toute nature par le canal de l'USF, devient alors une évidence.
D'autres exemples très concrets...
Pour Didier Danthez, Président de la commission "PLM", le niveau de connaissances acquises par les membres de l'USF depuis sa création en 2001, dépasse quelquefois celui que l'on peut constater chez des consultants spécialisés venant de nos partenaires ou de l'éditeur. Pour preuve, certaines de ces personnes viennent s'enrichir de nos expériences, même si le dialogue qui s'instaure se situe toujours dans un rapport gagnant-gagnant. Il est vrai que cette commission s'est considérablement étoffée au fur et à mesure des années : 10 en 2001 et 400 maintenant avec des profils très variés, métier ou IS, financiers, responsables qualité...
Pour les membres de cette commission, le ROI se situe à trois niveaux : le premier touche aux projets que nous menons ou que nous souhaitons lancer dans nos entreprises respectives et qui nous servent de cas d'école. Il est donc parfaitement mesurable car cela revient à étudier ces projets et les solutions avec une équipe de spécialistes expérimentés, adhérents et consultants, que nous ne disposons pas en interne dans nos organisations. Le second est lié à des problématiques générales dans un cadre prospectif qui nous apportent de la culture générale exploitable à moyen terme. Et enfin, la notion de réseau, qui constitue un vivier de relations personnelles, source d'entraides, le plus souvent amicales.
La commission "Retail" regroupe 90 membres représentant 50 acteurs du marché allant de la grande distribu¬tion comme Casino à des plus petites organisations telles qu'Audioptic, le réseau Optic 2000. Selon Eric Doucet, son Vice-président, le sujet majeur traité dans cette commission se rapporte aux aspects logistiques autour de SAP à partir de sujets présentés la plupart du temps par les adhérents. « Ces retours d'expérien¬ces, sont jugés précieux par tous les membres car ils permettent un gain de temps appréciable. Lorsque nous sommes confrontés à un problème, généralement un autre l'a vécu et cela nous évite de partir sur de fausses pis¬tes. » Ce type d'échanges informels justifie amplement le temps passé à l'USF. L'économie engendrée pour l'entreprise représentée est palpable, sans compter la diminution de la prise de risques à travers l'expérience des autres.
Pour Eric Remy, qui préside la commission "Technologie" composée de 320 membres, le service rendu par l'USF aux entreprises représentées par les adhérents se situe à deux niveaux.
D'une part, la veille technologique (principale vocation de cette commission) et d'autre part l'analyse de cas concrets, tels que la migration ECC6 et Solution Manager qui tous deux ont justifié la réalisation de livres blancs. Dans le premier aspect, la veille technologique effectuée au sein de la commission est plus pragmatique, voire complémentaire avec celle organisée dans les entreprises. Elle a le mérite d'être définie dans un contexte bien précis choisi par les adhérents.
Pour le second aspect relatif aux livres blancs, l'USF apporte un contenu pédagogique incomparable sur des thèmes d'actualité ancrés sur le réel des entreprises. Ce savoir rassemblé dans des livres blancs constitue pour nos adhérents confrontés à ce type de projet (migration notamment), une mine d'informations, de pièges à éviter qui sont le gage d'une efficacité mesurable.
Pour la commission "Gestion Finance", présidée par Franck Boyer, le seuil des 600 membres atteint fin 2009 démontre à lui seul de l'intérêt porté par les adhérents pour l'USF. Le bouche-à-oreille a donc bien fonctionné et personne ne doute du ROI à travers la valeur des informations partagées dans les forums et dans les Wikis thématiques qui mènent également vers des fiches conseils.
Depuis 2000, précise Franck Boyer, nous avons établi un fil rouge pour l'année afin de renforcer encore et matérialiser plus clairement l'apport de valeur de l'USF. En 2010, par exemple, nous nous sommes focalisés sur le benchmark des processus de manière à établir un catalogue de bonnes pratiques mesurables. Par ailleurs, lorsque de nouvelles réglementations apparaissent, l'USF a la faculté d'accueillir des experts pour en faire profiter à tout le monde, (cela a été le cas récemment pour la déclaration d'échanges de services à compter du 1er janvier 2010 ou la nouvelle réglementation SEPA, etc...).
La commission "HR", présidée par Patrick Cilia, couvre toutes les problématiques des ressources humaines de la paye à la gestion des temps en passant par la gestion administrative du personnel, des compétences et de la formation. Composée de 125 sociétés adhérentes, la commission est organisée en Groupes de Travail dont le principal traite de la déclaration DADS-U (déclaration automatisée des données sociales unifiée). Dans cet exemple, l'USF a réussi à trouver et réunir les organismes compétents pour présenter les nouveautés de la norme et faire ainsi bénéficier les adhérents d'un niveau d'information privilégié.
Un autre Groupe de Travail en gestation doit bientôt démarrer à propos des attestations Pôles Emploi et des différentes déclarations comme la maternité, la maladie et les accidents du travail. Dans tous les cas, le bénéfice pour l'adhérent est mesurable en temps et en qualité de l'information. Pris séparément, l'utilisateur SAP isolé ne pourra jamais atteindre ce niveau d'information.
Pour Gianmaria Perancin qui préside la commission "Décisionnel" (BI), le bilan des travaux menés ces derniers mois est consistant. Avec ses 430 adhérents, représentants 140 entreprises, le travail en commission a notamment permis de dégager des éclairages précieux sur la roadmap de l'éditeur, suite aux rachats de Business Objects et d'Outlooksoft. Ce travail a porté à l'édition de deux Livres Blancs (Octobre 2008 - Mars 2010) sur la Business Intelligence en environnement SAP et plus précisément sur les nouveautés en terme d'outils à disposition et sur les premiers retours d'expérience. De même, l'année 2009 a vu l'activité d'un Groupe de Travail sur l'Organisation des ressources et des compétences SAP / Business Objects, centré sur la réorganisation des profils de compétences nécessaire après les rachats.
Cette commission couvre deux aspects du décisionnel : ses aspects techniques SAP et le fonctionnel en relation avec les besoins de gestion des performance sur les processus métiers d'entreprise (notamment financiers, mais pas seulement). La multitude des retours d'expériences, venant aussi bien des adhérents que des partenaires et de l'éditeur, offre un panorama de cas réels qui permettent à tous une réflexion en amont pour faciliter la prise de décisions plus mûres. De plus, un cycle d'amélioration continu avec SAP s'est instauré, ce qui démontre du poids croissant de l'influence de l'USF auprès de l'éditeur.
La commission "Service Public", présidée par Claude Molly-Mitton, a pour objectif d'aborder l'ensemble des problématiques spécifiques au déploiement de SAP au sein du secteur public : Administrations d'Etat, Administrations Hospitalières, Administrations territoriales, établissements publics, et entreprises publiques. La commission regroupe 147 adhérents, représentants une quarantaine de structures publiques. Cette commission est en cours de rédaction collective d'un livre blanc sur la mise en oeuvre de SAP au sein du secteur public. Ce livre blanc sera disponible en octobre 2010 à l'occasion de la Convention USF et aura notamment pour vocation de transmettre conseils, savoirs, et bonnes pratiques à toute nouvelle organisation publiques venant d'acquérir l'outil SAP. La commission est également à l'origine de la création du Groupe de Travail « Real Estate », ouvert aux entreprises privées utilisatrices du module SAP RE, et dont l'un des résultats concrets est le lancement par SAP France d'un programme de localisation du module RE en France à la demande de ce groupe, et à partir du cahier des charges établi en grande partie par ce Groupe de Travail. La commission est enfin en cours de création d'un nouveau Groupe de Travail dont le but sera de réaliser un référentiel détaillé de l'ensemble des développements spécifiques complémentaires à l'ERP SAP réalisés ces dernières années au sein des organisations publiques, afin d'en connaître l'existence et la nature, et, si possible de les partager (plutôt que l'Administration ne les repaye à un intégrateur).