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Retour sur le SAPPHIRE 2008 du 19 au 21 mai

Parmi toutes les présentations et les informations que nous avons recueillies lors de notre visite au SAPPHIRE de Berlin, nous avons retenu trois messages que l’éditeur souhaitait faire passer à ses clients :

Nous avons en premier lieu été impressionnés par l’effort déployé par SAP pour convaincre son auditoire sur le bien-fondé de l’acquisition de BO. Il semble néanmoins manifeste que cette acquisition pèse lourd dans la nouvelle stratégie de SAP. Voyons comment elle s’est illustrée. En premier lieu, la R&D de BO tire son épingle du jeu dans la mesure où Hervé Couturier, le responsable des développements de BO est maintenant à la tête de 2500 personnes sur 35 sites en charge de l’ensemble des développements BI de SAP. Ce poids de la BI dans la R&D marque la volonté des dirigeants de SAP de profiter pleinement du potentiel, de l’expertise et du savoir faire de BO. À noter l’approche qualifiée d’agnostique par les orateurs, pour souligner que l’offre BO restera ouverte à toutes les plates-formes du marché, même si des passerelles vers SAP seront tout naturellement privilégiées. BO reste un produit à part entière qui pourra s’interfacer avec d’autres technologies. Il semble bien que SAP considère BO comme un joyau qu’il faut non seulement préserver à tout prix, mais comme un potentiel de développement inestimable.

À cet effet, les conférences ont toutes insisté sur la stratégie vis-à-vis de cette nouvelle donne à travers un leitmotiv : « Close the loop », qui laisse entrevoir un cercle vertueux entre la stratégie des entreprises et les actions qu’elles mènent pour parvenir à atteindre les objectifs définis dans sa stratégie. À croire que les thèmes développés lors de notre dernière convention de Reims ont fortement influencé la stratégie de SAP…, on ne sait jamais. C’est notamment la thèse illustrée par Eric Fimbel dans son livre intitulé Alignement stratégique, qui montrait à quel point il était difficile de synchroniser les systèmes d’information avec les attentes opérationnelles et les changements de stratégie.

Voyons maintenant comment SAP développe cette idée.

Close the loop (fermer la boucle) revient à dire que la stratégie rejoint l’exécution et que toute la plate-forme de pilotage, issue des outils de BO, vienne dialoguer directement avec la plate-forme SAP ERP. Les deux plates-formes devenant complémentaires, l’une part des décideurs, l’autre des opérationnels s’appuyant sur des processus et que le mélange des deux cultures devrait amener à un ensemble qui s’interfère de manière cohérente. Passer de la stratégie à l’exécution, signifie que des processus peuvent alimenter la BI et que des informations provenant des indicateurs et statistiques puissent agir ou réagir sur les processus. C’est une imbrication progressive entre les processus et la BI. Même si les dirigeants de SAP laissent entrevoir qu’il ne s’agit pas d’une vision à long terme mais bien d’une réalité, nous serons attentifs à observer le résultat de ces développements au-delà des démonstrations. En somme, la première réflexion qui émerge de cette fusion, à travers les discours de l’éditeur, c’est bien la volonté de faire dialoguer l’exécution et la stratégie à travers des connecteurs afin que les dirigeants de l’entreprise puissent directement agir sur les processus.

Second facteur mis en avant, l’intention d’inclure dans la masse d’informations exploitée par les outils décisionnels, les données non structurées, c'est-à-dire les informations qui circulent dans les mails, les textes issus de documents Word ou pdf (rapport, livres blanc), … et même celle glanées sur le Web. Il s’agit donc de données qui ne viennent pas que des applications SAP.

L’idée est de pouvoir caractériser un document. Cette démarche consiste d’une part à identifier de quoi parle t’on (le contexte), qui est concerné, la date du fait décrit, les valeurs indiquées, les lieux éventuels... Puis de catégoriser, indexer le document et réaliser une fiche-résumé. En fait, cela ressemble fort à un travail de documentaliste automatisé. Reste ensuite à pouvoir extraire de ces données une appréciation pertinente qui puisse dégager un enseignement que l’on pourra réintroduire dans les indicateurs fournis par la BI. Ainsi, au lieu de visualiser « simplement » des données pour établir un constat à un instant t, l’outil décisionnel pourra formuler des avis en interprétant ces données par rapport aux informations non structurées analysées.

Ainsi, fort des enseignements proposés par la BI à partir des données structurées ou non structurées, le concept « Fermer la boucle » va donner aux dirigeants d’entreprise les moyens de décider une nouvelle stratégie, ou d’infléchir ou corriger cette stratégie et d’agir immédiatement sur les processus à partir de données beaucoup plus vastes. SAP rappelle à cette occasion que cette fonctionnalité devra également s’appliquer à toutes les autres plates-formes non-SAP.

L’autre point souligné lors du SAPPHIRE, est que les données informatiques sont souvent peu lisibles par beaucoup de personnes de l’entreprise. De plus, elles différent dans leur mode de restitution selon la ou les plates-formes employées. Casser cette barrière, établir la communication…voilà un autre défi qui curieusement fait écho à l’un des thèmes que nous aborderons lors de notre prochaine convention…

En effet, pour que les stratèges soient en prise directe sur l’opérationnel, il faut dépasser le stade des indicateurs pour aller vers une solution qui pourrait offrir aux dirigeants le moyen d’interroger le système d’information de façon naturelle. BO envisage d’employer une méthodologie de recherche semblable à l’approche Google qui ne soit pas enfermée dans un cadre réservé à des spécialistes. Le dirigeant qui souhaite obtenir des informations sur l’activité de son entreprise lancerait une requête en langage naturel qui va formuler une réponse à partir de données structurées ou non structurées. La BI devant analyser des commentaires d’utilisateurs (analyse syntaxique) en plus des données ERP pour produire des appréciations et des résultats positifs ou négatifs.

En résumé, il ressort de cette manifestation les points suivants :

1 - SAP nous a vendu BO comme le complément évident de SAP. La promotion exceptionnelle qu’ils ont déployée tout au long de SAPPHIRE sur cette acquisition a réussi à démontrer la pertinence de la synergie.

2 - Pour ceux qui n'utilisent pas BO, il va falloir s'y intéresser sérieusement... C’est à se demander comment on faisait sans... Avant.

3 - Pour nous clients SAP, il faut donc étudier l'impact sur l'intégration de BO dans nos structures, et nos centres de compétences... Ainsi que dans les budgets. Nous serons donc très attentifs aux conséquences de cette fusion au-delà des aspects commerciaux.

4 - L'USF suivra attentivement la tarification SAP/BO et l'accélération de l'adoption des solutions BO déjà anticipée a moyen terme.